
Quelques nouvelles à toutes celles et ceux qui me savaient en mer, parti pour une transat.
Nous sommes de retour, arrivés en Suisse le 18 juin ! Il s’est passé bien des choses depuis le 13 mai, date de notre départ de la maison. En Martinique, Nous avons largué les amarres, pour la traversée de l’Atlantique avec le cap sur les Açores, le 19 mai. Laurent, Marie-Christine, Catherine et moi avons eu bien des surprises dès la première nuit.
Un gros grain (normal pour la saison et la région) a permis de mettre en évidence les faiblesses du bateau. Une avarie grave en tête de mât, que nous avons réparé provisoirement en montant au mât (rock and roll en altitude de 18 mètres avec des vagues de 4 mètres…).
Un stop en Guadeloupe devenait incontournable. Après avoir réparé, j’ai voulu tester avant de nous engager à nouveau sur la route du retour. Après 3 jours, encore des nouveaux problèmes apparaissent ! Le bateau n’a pas été assez testé, il a trop peu navigué depuis 2 ans et l’accastillage a mal vieilli, après un nouveau break de 24 h en Guadeloupe pour faire le point, j’ai dû me faire violence et prendre la décision que ce bateau ne traverserait pas en l’état. Grosse déception…. 30 jours de nourriture à bord, billets d’avion de retour perdus, pas de vacances aux Açores et 4 mois de préparation pour finalement rester dans la mer des Caraïbes. Nous étions prêts, pas le bateau.
Le coup de bambou passé, nous avons réparé au mieux pour pouvoir ramener le bateau et profiter de naviguer, le temps de manger nos provisions… Le prix de consolation a été 857 milles (1600 km) de voile, de belles nuits en mer, un retour depuis St Barth musclé, 60 heures contre le vent dans une mer très formée, du vrai sport avec un nombre incroyable de virements de bord. Là, nous avons trouvé ce que nous cherchions, de la vraie navigation hauturière, difficile, avec des quarts, tout et tout.
Après 5 semaines, nous avons désarmé le bateau en Martinique. L’idée première était d’aller mettre La Belle Vie à l’abri des cyclones au Venezuela, mais le propriétaire y a renoncé vu la difficulté, au dernier moment, de trouver une place sûre. Points positifs: ce test a permis de valider nos options, la quantité de nourriture était bien calculée, nos produits frais se sont conservés comme prévu. Sans frigo, le beurre a tenu 26 jours avec une température ambiante de 36 degrés… simplement en le conservant dans de l’eau salée et en créant du froid avec un linge humide qui recouvre un pot de grès. L’équipage est resté soudé et il est certain que la traversée n’aurait pas posé de problème relationnels, j’avais une bonne équipe, mais voilà… C’est la vie de marin, en cas de doute il faut savoir avoir un peu de respect face aux éléments.
Le dernier jour de nav, notre réparation en tête de mât a cassé, il a fallu monter au mât pour couper la drisse et affaler… nous n’avions plus de grand voile et cela après 850 milles, alors que l’Atlantique nous attendait avec 2500 milles…
L’expérience fût quand même belle, comme skipper j’ai encore beaucoup appris et nous avons tous fait de belles rencontres, qui vont peut-être nous plonger dans d’autres projets aquatiques. Des contacts sont pris pour traverser sur une machine de course en convoyage, retour de la route du rhum. C’est permis de rêver, nous verrons bien. Il y a des passages obligés et celui là en était probablement un. Affaire à suivre…

Pour l’équipage de La Belle Vie, son skipper
Pascal Vuilleumier